
Photo: Le groupe NiguiSaff K. Dance. |
Créé en 1997, Nigui-Saff K. Dance est composé d’une dizaine de membres dont 5 musiciens et 4 danseuses. Ce groupe est né de la volonté des jeunes du village de Nigui Saff d’exporter le MAPOUKA qu’ils dansaient depuis 1988 dans le groupe « Ambiance facile ».
MAPOUKA vient de la contraction du mot « mapoukaté » qui signifie en ahizi (dialecte des habitants de Nigui Saff : « mettre tout en sécurité » en d’autres termes s’assurer que tout est en bon ordre dans le foyer, avant d’aller au rendez-vous du rythme et de la danse. Sans cette précaution, des dégâts sont à craindre, dans la maison à votre retour, tant cette danse est attachante et le rythme envoûtant.
Le Mapouka a été créé en 1988 dans le village de Nigui Saff par Monsieur Avi Emmanuel, gendarme à la retraite, à partir d’une musique traditionnelle dénommée « ahossi » importée de Grand Lahou (région sud de la Côte d’Ivoire), à laquelle il a fait des transformations chorégraphiques. |
L’originalité du Mapouka réside dans le blocage de tout le corps à l’exclusion des muscles fessiers qui se meuvent harmonieusement au rythme du tam-tam.
Itinéraire
- Oscar du meilleur groupe ambiance 99
- Oscar du meilleur MAPOUKA 99
- Sélection au MIDEM 99 à Cannes (France)
- Conférence des Chefs d’Etat Francophones à Moncton au Canada
- Vainqueur KORA 99 meilleur groupe africain de Musique moderne d’inspiration Traditionnelle
- Tournée Internationale : France, Hollande, Cameroun, Gabon, etc.
- Officier dans l’ordre du mérite culturel ivoirien
- Tournée en Allemagne pour la Promotion de la Côte d’Ivoire au Mondial 2006
Le groupe Nigui-Saff K. Dance, est administré par un Directoire assisté de conseiller.
NIGUI-SAFF TEMPLE DU MAPOUKA
Rarement on aura vu en Afrique pareil attachement d’une communauté villageoise à un rythme musical.
A Nigui-Saff, village lagunaire d’ethnie AHIZI, dans le sud de la Côte d’Ivoire, le MAPOUKA est pratiquement une religion : la 9ème après les religions PAPA NOUVEAU, Protestante, Catholique, Musulmane, Assemblée de Dieu, Témoins de Jéhovah, Messianique et Baptiste.
Dans ce petit village, sous l’autorité d’un ancien comptable, le chef LEZOU Mel débauché par les siens pour gérer le destin de la Communauté, toutes les classes d’âges sont tous sous l’emprise du MAPOUKA : vieux, jeunes, moins jeunes. Même, les gamins de 5 à 12 ans ne sont pas en reste. Une cinquantaine de ces touts petits ont leur groupe qui entend assurer la relève.
A Nigui-Saff, le Mapouka constitue une véritable curiosité touristique ! Mais, ici, le visiteur aura d’autres plaisirs à vivre notamment les activités quotidiennes du village (pêche, préparation de l’attiéké, jeu traditionnel), la visite du musée lagunaire, la promenade sur l’île Tchava et l’inoubliable détente à la baie du caolin.
Nigui Saff, petit village d’environ 3000 habitants s’étire face au magnifique plan d’eau de la lagune ébrié qui baigne une terre de forêt et de collines.
Fondé au début du 20ème siècle par des populations d’origine krou (ouest de la Côte d’Ivoire) et akan (sud forestier), Nigui Saff est un des nombreux villages de l’ethnie ahizi qui cohabite dans cette région avec les alladians, les adioukrous et les avikams.
A l’image des autres peuples du sud de la Côte d’Ivoire, les ahizi de Nigui Saff pratique le mode de succession matrilinéaire et ont une organisation politique basée sur les classes d’âge ou générations au dessus desquelles règne un patriarche.
Les activités économiques des habitants de ce village sont essentiellement basées sur la pêche traditionnelle et la fabrication de la semoule de manioc (attiéké) qui constituent d’ailleurs l’essentiel de l’alimentation des Ahizis.
Sur le plan musical, les populations de nigui-saff pratiquent des danses de réjouissances comme l’afrête, le krinkindê, des chants guerriers, le Mapouka. Les principaux instruments de musique utilisés sont entre autres les tambours sur cadre, les tambours en mortier, les hochets, les cloches et souvent des instruments intégrés comme l’harmonica par exemple. Comme tous les peuples du littoral de la Côte d’Ivoire, le chant occupe également une grande place au nombre des activités musicales des Ahizis de Nigui-Saff.
ESTHETIQUE MUSICO-CHOREGRAPHIQUE DU MAPOUKA
Classé dans la catégorie des musiques populaires d’inspiration traditionnelle, le rythme du Mapouka repose essentiellement sur les percussions (tambours, cloches) et les chants en appels et réponses que brode un jeu d’harmonica. Cette rythmique au tempo vif et allègre soutient des mélodies simples et joyeuses sur des thèmes de la vie quotidienne de la communauté villageoise. Cette atmosphère de gaieté et de réjouissance, invite tout naturellement à la danse, à la liesse collective.
Sur la grande place du village, de jour comme de nuit, le sable fin et blanc de Nigui Saff reçoit les pas des danseurs (généralement les femmes) de Mapouka. A la queue leu leu ou en plusieurs rangées, les corps se laissent entraîner par la chaleur du rythme et la beauté des mélodies chantées. Ici, le muscle fessier, siège de la beauté et de la grâce féminine, est mis en exergue. En effet, les balancements et les remuements de ces muscles fessiers sont un délice pour les yeux et une preuve, s’il en est encore besoin ; de la parfaite harmonie entre le corps et le rythme qui caractérise l’Afrique.
Le Mapouka apparaît en tout et pour tout, comme une véritable symbiose de styles musicaux, de créativité chorégraphique d’une zone rurale face à la frénésie urbaine. |